PARENTALITE, Ressources Parentales

Quand les écrans deviennent neurotoxiques, protégeons le cerveau de nos enfants ! Sabine Duflo (France)

« [Les habiletés parentales]… c’est comme apprendre une nouvelle langue, mais nous parents nous la parlerons toujours avec un accent, car ça n’est pas notre langue maternelle. Mais nous espérons que pour nos enfants ce sera une langue maternelle. »


Haim Ginott

Cher.e.s Tou.te.s,

Taper, tapoter, cliquer et balayer sont des verbes qui n’ont pas de secret pour nous, car nous faisons ces actions plusieurs fois par jour sur les écrans que nous utilisons. Nous, c’est nous les adultes, mais aussi les enfants qui partagent nos vies. Les écrans sont partout aujourd’hui, et il est très difficile de ne pas s’en servir au quotidien, que ce soit dans le cadre du travail, des études, du travail scolaire et pour tout un tas d’autres choses que vous connaissez. Les écrans (télévisions, tablettes tactiles, consoles de jeux mobiles et fixes, smartphones) sont non seulement disponibles partout dans le monde mais, en plus de ça, ils sont à la portée des enfants, des adolescents et des tout-petits qui, comme les adultes, en maîtrisent le fonctionnement avec une facilité déconcertante. Nous savons tous à quel point l’utilisation des écrans fascine, facilite et simplifie beaucoup de choses. D’ailleurs, on salue régulièrement leur potentiel et leur nécessité dans la presse, la publicité, les réseaux sociaux, etc. Cependant, depuis quelques années, des voix se lèvent en France et dans d’autres pays pour alerter l’opinion publique et les familles de l’omniprésence des écrans dans nos vies, et des effets néfastes qu’ils peuvent avoir sur notre santé, et particulièrement, celle des enfants.

Au détour d’un clic ou d’une lecture, j’ai vu passer ces alertes sous la forme de vidéos de spécialistes de l’enfance et/ou de la santé, sous la forme de tribunes publiées dans la presse et signées par des médecins et des éducateurs, ou encore, à travers des témoignages glaçants de parents désemparés par l’impact d’une utilisation visiblement excessive des écrans par leurs enfants. Pourtant, malgré ces mises en garde, nous avons nous même montré un dessin animé à notre fils pour la première fois lorsqu’il avait 11 mois. On pensait que c’était inoffensif et on ne voulait pas en abuser. Pourtant, dans cet article je vous dis à quel point nous avons eu du mal à détacher notre P’tit Coeur de ces comptines et dessins animés, et les peurs que nous avons eues en réalisant que si on n’agissait pas rapidement et efficacement, on risquait de créer un enfant accro aux écrans. Nous avons été attentifs aux changements de comportement qu’il montrait dès qu’on éteignait la télé, et ce sont ces changements comportementaux qui nous ont convaincus que c’était une erreur d’avoir fait cette introduction précoce des écrans dans sa vie. Cette période difficile est derrière nous. Nous avons supprimé la télévision à la maison (il n’a jamais eu le droit de jouer avec nos téléphones, la tablette a été utilisée quelques fois, mais en voyant son grand potentiel addictif, nous l’avons supprimée depuis très longtemps). Je ne suis pas en train de dire que notre fils n’utilisera plus jamais un écran. Ce serait vraiment utopique ! Je dis simplement qu’il n’en n’aura pas besoin avant un long moment. A 2 ans et demi, il a autre chose à faire de son temps.

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Cette expérience difficile avec les écrans a fait en sorte que je m’interroge beaucoup sur leur impact dans la vie des enfants. J’ai lu des articles, écouter des témoignages, regarder des vidéos, et tout ça m’a appris quatre choses :

  • L’utilisation des écrans par les enfants n’est pas sans conséquences, mais, très peu de parents le savent
  • Dans la majorité des familles, partout dans le monde, l’utilisation des écrans par les enfants est conflictuelle
  • La politique de prévention et d’information sur le sujet est faible, et même inexistante dans de nombreux pays
  • C’est une question de santé publique que les gouvernements doivent prioriser, mais, les choses peinent à se mettre en place
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Dans son livre Quand les écrans deviennent neurotoxiques, Protégeons le cerveau de nos enfants, Sabine Duflo, psychoclinicienne française et thérapeute familiale, montre à travers des cas pratiques (issus de ses consultations) et des études scientifiques sérieuses, les conséquences de la surexposition des enfants aux écrans. Elle donne aussi des conseils aux parents pour améliorer l’usage des écrans en famille. Ainsi, à travers les pages, elle parle :

  • De l’explosion des troubles du comportement chez beaucoup d’enfants
  • Des déficits de l’attention que relèvent beaucoup d’enseignants et d’éducateurs, et de plus en plus, dès la maternelle
  • Des problèmes de concentration (des enfants pour faire les devoirs, jouer à un jeu de société ou de coopération, faire une activité, etc.) sauf quand ils sont en possession d’un écran
  • Des retards de langages chez les tout-petits
  • Du désarroi des parents qui ne savent pas comment faire face à ces crises de colère et d’addiction aux écrans, et qui pensent bien faire en traitant le mal par le mal (l’enfant ne se calme pas quand on lui retire l’écran, on lui redonne l’écran pour le calmer)

Ce livre m’a convaincue que nous avons sous les yeux un problème de santé publique. Il est urgent que nous parents prenions conscience du danger que nous côtoyons. Nos gouvernements (Ministères de l’Education Nationale, de la Famille, de la Santé, de la Culture) doivent également agir pour protéger le cerveau de nos enfants !

Pourquoi faut-il s’intéresser à ce sujet ? 

Parce que, beaucoup de familles, d’éducateurs et d’enseignants, se plaignent du fait que les enfants ont de grandes difficultés de concentration, et donnent l’impression d’être en permanence dans une bulle. En même temps, les parents disent que leurs enfants sont en permanence scotchés à leurs écrans (téléviseurs, smartphones, tablettes, consoles) et ne veulent pas faire autre chose de leur temps libre. D’une famille à l’autre, les mêmes constats : l’enfant s’énerve quand on lui retire l’écran, pleure, crie et parfois, se montre violent. L’enfant ne cesse de réclamer l’écran, et l’écran semble être la seule chose qui le calme, l’apaise, l’occupe et l’intéresse. L’enfant présente un défaut de sociabilité : il ne s’intéresse pas aux autres enfants (ne veut pas jouer avec eux), il a du mal à jouer (il ne sait pas jouer) avec ses jouets, les seuls jeux auxquels il prend plaisir sont ceux qui sont sur sa tablette, sa console ou sur les smartphones de ses parents. Les parents disent eux-mêmes que leurs enfants sont “accros” aux écrans et se demandent comment cela a pu arriver.

Très peu de choses suffisent pourtant, pour rendre les enfants accros aux écrans : la télévision allumée en permanence ; des dessins animés pour l’occuper ou l’aider à manger ; des jeux et des applications sur le portable ou la tablette pour « stimuler » son éveil, l’éduquer, le rendre intelligent, ou obtenir un moment de paix ; l’exemple de ses parents rivés sur leurs smartphones ou leurs jeux vidéo etc. Les enfants sont mis devant les écrans de plus en plus tôt, parfois, peu de temps après leur naissance…

Faire une repérage précoce des usages problématiques des écrans va aider les parents à prendre en charge rapidement l’enfant. Cette prise en charge va permettre aux enfants de retrouver un comportement normal, et parvenir à un usage sain des écrans, encadré par leurs parents. En effet, il n’est pas question de les leur interdire et jurer qu’ils ne vont jamais les utiliser. C’est impossible, vu la tendance actuelle à tout technologiser et numériser. Par contre, il faut encadrer ces utilisations pour éviter les excès et les conséquences désastreuses qu’elles engendrent. C’est selon moi, tout l’intérêt de ce livre :

  • Informer les parents et leur dire quels sont les comportements des enfants qui doivent retenir leur attention
  • Rappeler aux parents de ne pas oublier qu’il y a toujours une cause environnementale à tous ces troubles comportementaux (faire le lien entre les troubles cités et le fait que l’enfant est constamment devant un écran)
  • Savoir que plus la prise en charge est précoce, meilleurs sont les résultats et les changements
  • Être conscient que les promesses d’éveil et d’intelligence développée qui accompagnent la vente des écrans et de leurs programmes “éducatifs” sont avant tout d’ordre marketing
  • Garder à l’esprit que ce qui est mis en cause c’est l’exposition précoce des enfants, la surexposition des enfants, l’omniprésence des écrans et la fréquence des contenus inadaptés ; en toutes choses l’excès nuit
  • Ne pas oublier qu’une introduction tardive et progressive, ainsi qu’une utilisation raisonnée des écrans est possible, et préférable, à condition de s’investir pleinement en tant que parents
  • Déculpabiliser les parents dont les enfants présentent des signes d’addiction, et leur fournir des moyens concrets pour s’en sortir
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Neurotoxiques, ké sa ko ?

On qualifie de neurotoxique, la substance ou le procédé ayant une action toxique élective pour le système nerveux (qui agit seulement dans certains cas déterminés, sur certains points précis à l’exclusion de tout autre). La substance ou le procédé neurotoxique agit en perturbant ou en paralysant les zones du cerveau concernées, en agissant sur les émetteurs ou les récepteurs synaptiques. Ainsi, en un laps de temps  (en quelques minutes ou en quelques secondes), ou alors au fil du temps, des troubles du fonctionnement des principaux sens (la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher, le goût), et des difficultés à contrôler son système moteur (se mouvoir, agir, etc.) apparaissent.

Dans le cadre des écrans, les images qui bougent et la succession de différents sons, ont un effet extrêmement puissant sur le cerveau émotionnel. En effet, les écrans captivent notre attention en nous empêchant parfois de prendre de la distance et de réfléchir. Pour l’enfant et le tout petit enfant, si l’exposition aux écrans est longue et permanente, surtout avant qu’il ne soit capable de réfléchir et prendre de la distance de lui même, les conséquences peuvent être très graves. C’est la raison pour laquelle on observe chez les enfants surexposés aux écrans des troubles comme le retard de langage, les difficultés de communication et de socialisation.

Comment les écrans deviennent neurotoxiques ?

Quelque soit leur contenu, les écrans sur-stimulent une attention primaire qu’on appelle l’attention réflexe. Lorsqu’on a dans notre environnement visuel ou auditif du mouvement (de la lumière, du son ou du bruit), on se tourne vers (on tourne notre attention vers) la source de ce mouvement. C’est un réflexe, c’est pour ça que c’est inévitable. Dans le cadre de nos activités quotidiennes, ou dans le cadre d’activités stimulantes comme la lecture, le dessin, les jeux de société, l’attention réflexe est peu stimulée ou stimulée normalement. Par contre, lorsqu’on se sert d’un écran pour regarder un contenu (un film, une vidéo, un dessin animé, etc.), ou pour jouer, il y a en permanence du son, des flash, des images qui défilent vite, des bruits de toutes sortes, qui captent notre attention et sur-stimulent l’attention réflexe. Or, il est prouvé scientifiquement que si l’attention réflexe est sur-stimulée chez le bébé, chez l’enfant ou chez le jeune notamment, ils ne vont pas développer (correctement) une attention secondaire qu’on appelle la concentration. Ce n’est pas anodin, car la concentration (la capacité à se concentrer) est nécessaire à l’enfant pour apprendre, se poser et développer son cerveau. Plus tard, elle lui est nécessaire à l’école et dans la vie pour accomplir de nombreuses choses et réussir. L’enfant a donc besoin de se concentrer, se poser,  et être capable de poser son regard sur un objet pour pouvoir l’utiliser et lui donner un sens (une livre, un crayon, un feutre, des cartes, des puzzles, etc.) S’il est en permanence sur-stimulé, il a du mal à le faire.

Le problème avec l’exposition permanente des enfants aux écrans, c’est qu’ils sont comme hypnotisés, voire lobotomisés par eux, et n’arrive plus à faire (correctement) autre chose, ni à s’intéresser à autre chose. Plus cette surexposition commence tôt, plus la sur-stimulation de l’attention primaire est intense,  et la capacité à se détacher et à se détourner de l’écran est difficile. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les enfants crient, hurlent et pleurent quand la sur-stimulation s’arrête (quand on leur retire l’écran). C’est ce que nous traduisons par une impression de manque, qui nous fait penser à un comportement addictif. De plus (et c’est ce qui doit nous alarmer), ce qu’on propose en retour à l’enfant après lui avoir retiré l’écran (dessin, lecture, peinture, jeux libres, promenades, écriture, ou même les bras de ses parents pour faire des câlins, des bisous), lui paraît morne, fade et sans intérêt.

Exemple : Une enfant regarde une vidéo dans laquelle des ballons sont en mouvement. Les images lui plaisent et l’intéressent. Quand on arrête la vidéo, elle crie et pleure. Quand on la remet, elle se calme. Quand on lui présente un vrai ballon, elle n’en veut pas. Elle le trouve moins intéressant… Il ne bouge pas comme sur la vidéo, il n’est pas accompagné des mêmes sons et du flash qui accompagnent la vidéo… Elle crie, elle pleure, elle s’en détourne car elle n’en voit pas l’utilité. Pourtant il s’agit également d’un ballon ! L’enfant a du mal à fixer son attention sur la réalité de ce qui l’entoure.

Cet exemple est peut-être simple, mais il décrit une scène que beaucoup de parents vivent tous les jours !

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Pourquoi les parents n’entendent pas ce discours (sur les dangers de l’utilisation excessive des écrans ?)

Selon moi, c’est clairement parce qu’il y a un conflit d’intérêts. C’est un peu comme tout le désordre qu’il y a avec les mesures de prévention pour la consommation du tabac, et la taxation des industries qui produisent le tabac. On sait que le tabac tue, on sait que fumer tue et nuit gravement à la santé, mais, on ne prend pas de vraies mesures pénalisantes pour les fabricants, notamment en matière fiscales (c’est à dire là où ça fait mal). On se contente d’augmenter le prix du paquet de cigarettes (si seulement ça pouvait décourager les fumeurs), et marquer dessus “fumer tue”. J’en rigole !

Nos gouvernements savent que c’est dangereux de présenter aux enfants et aux tout-petits des écrans avant un certain âge, et de façon répétée. Pourtant, ils n’interdisent pas aux fabricants de ces objets de les mettre sur le marché, de créer des déclinaisons adaptées aux petites mains (tablettes “éducatives”, consoles de jeux, applications “éducatives”, programme télévisés pour enfants disponibles à toutes les heures et parfois dès le matin, etc.), et de communiquer sur les “bienfaits” de tous ces objets connectés en omettant sciemment de parler des dangers réels et existants.

Comment faire pour protéger les intérêts des enfants et à la fois ceux des industriels et des fabricants ? L’équation est difficile à résoudre. Si les gouvernements communiquent efficacement et franchement en parlant des dangers des écrans pour les enfants, les parents vont appliquer le principe de précaution ou la tolérance zéro. Cela va se traduire par une baisse significative des achats de tous les objets connectés et leurs dérivés. Ce qui conduira à une baisse des ventes et donc, moins de recettes pour les Etats. Je vous laisse deviner quel est le choix que nos dirigeants ont fait. Au moins jusqu’à ce jour. Heureusement que des voix s’élèvent pour alerter les parents et l’opinion publique sur tous ces dangers ! Des voix comme celles de Sabine Duflo. Des voix comme la mienne, bien qu’ayant un faible aura.

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Le plus important pour moi ?

Une fois de plus, dans ce billet, je vous disais les peurs que j’ai eu après avoir constaté que le fait de montrer de temps en temps des dessins animés à mon fils a failli nuire à la qualité de notre harmonie familiale, alors que nous n’étions pas dans une situation de surexposition, mais d’exposition précoce. Or très souvent, l’exposition précoce entraîne la surexposition…

L’objectif de ce billet n’est pas d’apporter un jugement ou de faire culpabiliser ceux qui, en me lisant, réalisent “l’ampleur des dégâts”

Je voudrai juste nous rappeler de ne pas oublier notre rôle de parent. Les parents doivent aimer et éduquer (accompagner) leurs enfants. L’amour et l’éducation dont ils ont la charge se font normalement par la transmission et le partage, qui incluent obligatoirement du temps passé ensemble, des échanges quotidiens et permanents, du partage autour d’activités communes à l’intérieur ou à l’extérieur de la maison.

Malheureusement, depuis que les écrans sont apparus et sont devenus omniprésents dans les familles, on observe avec effroi que ces écrans se sont substitués aux parents pour assurer la transmission. Qu’il s’agissent des apprentissages fondamentaux comme le langage et la politesse, des notions élémentaires comme les couleurs, les calculs et la lecture, ou encore des principes importants comme la sexualité, dans beaucoup de familles, les parents ont (volontairement ou non, consciemment ou pas) délégué le rôle de transmetteur et d’instructeur aux écrans.

A qui la faute ? Sommes-nous de mauvais parents ? Je ne crois pas ! Nous sommes juste des parents mal informés ! Comme cette lecture m’a fait du bien !

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Chers parents, sachez que les écrans empêchent un attachement solide de l’enfant à ses parents. Je dirai même “à la maman” en particulier, puisque pendant les premiers mois et les premières années de sa vie, l’enfant passe beaucoup plus de temps avec sa maman. Je ne veux pas culpabiliser les papas qui sont tout aussi formidables !  Je rapporte juste un fait lié à l’organisation de notre société.

Ainsi donc, quand l’enfant vient au monde, il est stimulé de partout par ce qu’il voit et par ce qu’il perçoit dans son environnement (signaux auditifs, visuels, sensoriels). Mais son cerveau est immature durant ses premières années et ses capacités de langage ne sont pas suffisamment développées. Il a donc du mal à comprendre et à appréhender tous ces stimulis qui sont pourtant nécessaire à son bon développement et à sa construction. Pour s’épanouir, l’enfant a besoin d’être rassurer (sécurité affective et physique) jusqu’à ce qu’il soit capable de comprendre et d’appréhender tout seul tous ces stimulis extérieurs. Ce sont ses parents qui vont faire le lien (le pont) entre lui et son environnement. Comment ? Grâce aux échanges réguliers qu’il a avec eux (les regards et les babillages quand l’enfant est encore un bébé), les regards soutenus, les conversations, les explications qu’ils lui donnent, quand il est un peu plus grand. Les échanges répétés entre l’enfant et ses parents vont créer un attachement de l’enfant à ses parents, et cet attachement va l’aider à comprendre le monde qui l’entoure. Ainsi, l’enfant va progressivement être capable de filtrer les signaux environnementaux qu’il reçoit d’une part. D’autre part, il va être en mesure de se concentrer sur des choses positives, des perceptions, et donner du sens à ce qui l’entoure. Que se passe t-il lorsqu’un enfant a en permanence les yeux rivés à un écran ? C’est très simple. Il y a très peu d’échanges entre ses parents et lui. Or les scientifiques et Sabine Duflo nous expliquent que ce sont ces échanges qui créent un attachement entre l’enfant et ses parents. Si donc, à cause d’une utilisation excessive des écrans l’enfant s’attache à eux plutôt qu’à ses parents,  on peut imaginer à quel point cet enfant présentera plus tard des difficultés d’apprentissage, des difficultés cognitives et relationnelles.

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Chers parents, sachez que la promesse ou l’impression que les écrans nous permettent de souffler est un piège ! On ne nous le dit pas suffisamment. C’est un piège qui a au début l’apparence d’un cercle vertueux (je suis fatigué.e, je lui mets un dessin animé, une comptine ; je dois faire ceci ou cela, je lui donne la tablette ou le téléphone pour qu’il s’occupe), qui devient pourtant, un cercle vicieux que l’on n’a pas vu s’installer (il a du mal à se passer des écrans, je suis obligé.e de les lui donner, même si je sais que ce sera la guerre pour les lui retirer ; il.elle est tellement calme et concentré.e avec sa tablette ou devant son dessin animé que je peux faire ce que je veux pendant ce temps ; je n’ai pas besoin de m’investir autrement, je n’ai tellement pas le temps de jouer avec lui.elle, heureusement que ces gadgets existent…). C’est difficile à admettre mais, dans la majorité des cas, le recours permanent aux écrans pour occuper et divertir les enfants devient un automatisme et une solution de facilité. Au début, on se dit que c’est pour 15 min, puis on se laisse tenter par 30 min, et sans s’en rendre compte, les minutes deviennent des heures, des jours et des habitudes dont il est très difficile de se défaire. Il faut accepter, en tant que parents, que nous avons été dépassés par la situation, et surtout, nous en sommes responsables ! C’est nous qui avons, librement, mis entre leurs mains, une télécommande, un téléphone portable, une tablette, une console. Peu importe la raison pour laquelle nous l’avons fait un jour, nous sommes les seul.le.s responsables.

Je suis consciente que mes écrits choqueront beaucoup de personnes. Je tiens quand même à dire ces personnes que je n’écris pas ces choses parce que je me considère au-dessus d’elles. C’est tout le contraire qui m’anime. J’ai moi-même fait face à cette situation. C’est quand j’ai accepté la responsabilité de mon erreur que j’ai été prête à apprendre à la corriger. Croyez-moi, le déni de votre responsabilité face à tous ces enjeux ne fera que vous desservir. Si au contraire, vous acceptez que, faute d’informations et de sensibilisation à ce fléau vous croyiez bien faire, vous serez disposé.e.s à en apprendre plus sur le sujet, et surtout, vous serez décidé.e.s à tout mettre en oeuvre pour vous (vous et vos enfants) sortir de ce cercle vicieux.

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Que peut-on faire ?

J’ai une très bonne nouvelle : on peut agir efficacement pour changer la donne ! Cette note d’espoir est parfaitement illustrée dans le livre. 

Pour étayer ce qu’elle dit, Sabine Duflo nous présente sa méthode de travail, et, en reprenant certains cas d’enfants et d’adolescents qu’elle a reçus en consultation, nous mesurons l’étendue du problème dans notre famille, et nous prenons conscience de ce qui se joue autour de nous. A la fin du livre, Sabine Duflo nous donne une solution concrète et facile à prendre en main pour que toutes les familles réussissent à avoir un meilleur usage des écrans.

MAIS ATTENTION ! Pour que ça fonctionne, les parents doivent être des modèles. Il faut non seulement qu’ils s’impliquent dans la méthode, mais, il faut également qu’ils l’appliquent, car malheureusement, eux aussi, sont en permanence, scotchés à leurs écrans. Cette méthode que je vous présenterai dans le prochain billet a montré son efficacité dans les familles reçues en consultation par Sabine Duflo. Elle a retenue mon attention parce que :

  • Elle participe à la création d’un attachement parent-enfant de qualité
  • Elle aide les parents à encadrer et maîtriser l’utilisation des écrans par leurs enfants
  • Elle fait en sorte que les enfants s’occupent autrement, et qu’ainsi, ils développent sereinement les compétences et les apprentissages fondamentaux de l’enfance
  • Elle crée des futurs adultes épanouis et conscients, qui appliqueront les mêmes principes dans leurs amilles

Je vous dis donc à très bientôt !

Merci de le lire <3

A propos de l’auteure

Sabine Duflo est psychologue clinicienne et thérapeute familiale. Elle travaille dans un Centre Médico-Psychologique infanto-juvénile (CMP) de Seine-Saint-Denis (Ile de France, France).

Fiche Technique

  • Titre : Quand les écrans deviennent neurotoxiques – Protégeons le cerveau de nos enfants !
  • Date de parution : 26 septembre 2018
  • Auteure: Sabine Duflo
  • Éditeur : Marabout, Collection Enfant – Education
  • Format :  14 x 21 cm
  • Nombre de pages : 288
  • Prix : 15,90 € – environ 10 500 FCA

Pour aller plus loin :

  • La vidéo du Dr. Ducanda, dans laquelle elle explique ce qu’elle observe en consultation :
  • La lecture du livre TV Lobotomie : La vérité scientifique sur les effets de la télévision (7,90€ au format poche – 6,99€ au format numérique, environ 4500 FCFA)
  • Ma pause sans écran 0-6 ans : 30 jeux à partager avec ses enfants pour les éloigner des écrans (13,50€ – environ 8855 FCFA)
  • Les écrans : Mode d’emploi pour une utilisation raisonnée en famille (4,90€ au format poche – 3,99 € au format numérique, environ 2600 FCFA)

3 thoughts on “Quand les écrans deviennent neurotoxiques, protégeons le cerveau de nos enfants ! Sabine Duflo (France)

  1. Bjr et merci Sika pour cette belle lecture j’ai moi-même eu une expérience de ce genre avec ma fille aujourd’hui elle a 3 ans et commence seulement à parler , elle a encore du mal à être sociable mais elle fait beaucoup de progrès dans ce sens , j’ai commencé à la mettre devant l’écran de tv elle n’avait que 3 mois et voilà qu’à 1 an je lui ai pris une tablette et elle avait une aisance à son âge à pouvoir manipuler les écrans , elle refusait de communiquer et jouer avec les autres , il lui suffisait de pointer du doigts et je savais ce qu’elle voulait , ça me gênait de voir ma fille à 2 ans qui ne savait que dire papa et maman mais grâce à un documentaire et les recherches sur les retards de langage chez les tous petits j’ai compris que les écrans étaient à l’origine et là j’ai décidé de supprimer la tablette et les téléphones , ça fait 1 an déjà que inexpérimente ça et il y a beaucoup d’amélioration dans son comportement , elle a encore quelques difficultés de sociabilité mais on y travaille , j’envisage l’inscrire dans des activités extra scolaire , en commençant par la piscine merci pour cette lecture bisous et courage à tous les parents

    1. Chère Ines, merci infiniment d’avoir pris le temps de lire ce billet et de le commenter. Je suis vraiment touchée par ces mots et par cette situation. Mais je suis surtout heureuse et admirative de voir que tu as pris les choses en mains ! BRAVO ! Beaucoup de parents préfèrent en effet nier l’évidence et se soustraire à leur responsabilité. Or je suis certaine que la première chose à faire dans ce combat, c’est reconnaître que nous nous sommes trompés, en tant que parents ! Comme je l’ai écrit dans mon billet. Je ne m’inquiète absolument pas pour vous, car on voit, dans ton témoignage, que ta petite princesse fait de très beaux progrès ! 🙂 Le plus dur est peut-être à venir, mais nous avons les bons outils à présent 🙂 A très bientôt et bien de belles choses ! De tout mon coeur <3

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