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55 jours et plus encore.

les billets de sika

Temps de lecture : 2 minutes

55 jours. Deux mois et un peu plus encore. Pourtant, j’ai l’impression que ce confinement a duré plus longtemps. Enfermée avec les miens, je me demandais souvent à quoi ressembleraient les jours d’après. Impossible de me projeter. Le 13 mars 2020, j’ai commencé à marcher douloureusement sur le chemin sur lequel je vacille encore aujourd’hui. Cette situation que beaucoup de personnes ont qualifié d’éphémère ne s’effacera pourtant pas de nos esprits demain. Ce que je crains le plus, c’est de ne pas savoir vivre dans ce nouveau monde. Le monde d’après. Il faut le dire, c’est inédit.

55 jours cloîtrée entre les murs de notre appartement, à me ronger les ongles et à essayer de comprendre ce qui se joue. Dans la presse, écrite, radiophonique ou sur internet, les mêmes informations circulent. Des chiffres et des cartes défilent. C’est alarmant. Effrayant. Désolant. Je me vois tourbillonnée. Je me sens impuissante. Je suis piégée. Les jours se succèdent et avec eux, j’assiste à l’effondrement du sentiment d’invulnérabilité que la société nous vend, alors que nous savons pertinemment que sur cette terre, nous ne sommes que des pèlerins.

Bientôt 6 mois depuis l’annonce du confinement. Je m’écris cette lettre pour me rappeler la sensation de pesanteur dans laquelle je suis depuis. J’ai peur de sortir. J’ai peur de la foule. Je m’écris pour me rassurer que tout ira bien. Je m’écris pour m’autoriser à penser à demain.

Je m’écris pour me projeter. Il le faut. Dans les yeux de ma fille je ne vois que l’innocence et la plénitude du moment présent. Je me demande à quoi elle pense quand son regard vif croise mes yeux cernés par la fatigue des nuits blanches et les nombreuses larmes qui s’en échappent à cause du stress de cette pandémie à priori indomptable, (plus) les hormones de l’allaitement, (plus) mon éprouvant postpartum, (plus) le défis d’élever deux jeunes enfants, (plus) la charge mentale quotidienne, (plus) la difficulté de m’investir pleinement dans des projets personnels, et plus encore.

 Je m’écris pour m’organiser et m’autoriser à planifier. Il le faut. Dans les actes de mon fils, je lis l’insouciance et le pouvoir du moment présent. Comment lui reprocher de vouloir profiter de chaque nouvelle journée ? Pour lui aussi, cette période est anxiogène. Mais la résilience dont il (a) fait preuve me laisse admirative !
Leur joie de vivre m’émeut. Dans 10 ans je leur raconterai comment, durant ces longs mois de l’année 2020, ils ont vaincu un virus ! Mais oui je le ferai. Pour être sûre de ne rien oublier, j’ai pris le temps de noter et filmer tout ce qui pouvait l’être. Je l’ai fait pour que jamais nous n’oubliions ce que la nature, Dieu ou le karma a essayé de nous dire.

Et moi dans tout ça ? J’essaie d’aller bien. Je suis assez affaiblie par les contraintes de ce nouveau monde. Depuis ce jour où Corona nous arrêta je suis fébrile. Par contre, je ne peux pas dire que je ne vais pas bien. Je suis reconnaissante de ne pas compter dans l’effroyable décompte des morts. Je suis reconnaissante pour moi et pour les miens. Alors j’essaie d’aller bien. J’ai beaucoup réfléchi à la vie et à ce qui compte vraiment. Je sais que ce n’est pas très original, mais je l’ai fait.

En juillet j’ai lancé creiYA, mais je vous en reparlerai. Si toutefois vous voulez en savoir plus, rendez-vous sur le compte Instagram crei.ya 🙂 J’ai décidé d’arrêter Raconte-moi Son Prénom, commencé il y a quelques mois sur Facebook. Je vous en parlerai aussi plus tard. J’ai réalisé que lire me manque cruellement. J’ai compris que je ne publierai sûrement pas ce premier livre cette année, malgré mon enthousiasme et mon travail. En gros j’ai fait des choix. J’ai vu que je ne peux pas mener toutes les batailles et faire exister toutes mes idées. Ça m’a fait mal, car je me suis perdue entre les discours des proches, le « tout le monde doit prendre en main sa vie, c’est-à-dire, entreprendre » des réseaux sociaux. J’ai dit au Barbu qu’au final, je pense que tout est une question de timing. Il m’a dit de m’organiser. Je lui ai dit « je vais m’écouter ».
Cette crise sanitaire m’a montré que rien ne m’appartient. Rien de bien surprenant c’est vrai. Mais avoir eu la grâce de traverser cet inédit m’a permis de comprendre ce que signifie « décider ». 
Comment sera le monde d’après ? Réussirons-nous à apprendre à vivre avec la Covid-19 ? À quoi ressemblera l’école demain, en septembre prochain ? Ce qu’il adviendra de nous est-il écrit dans nos gênes ? Ou nous avons (encore) le pouvoir de le décider ? M’est-il permis de croire que « rien ne sera plus comme avant ? » 

Penser au monde d’après. Oui, mais comment ? Je me sens si perdue et j’ai peur de cette peur qui flotte autour de moi. J’ai peur de cette guerre silencieuse, invisible. Pourtant j’attends. Je serre fort mon cœur et j’attends.

Et vous ? Quels mots vous inspirent ce (dé) confinement ? 
Merci de lire <3

Jessie. 

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2 thoughts on “55 jours et plus encore.

  1. Salut Jessica,
    Je suis contente de Te lire. À travers tes mots, J apprends que vous allez bien. J ai encore une fois perdu ton numéro et je n ai donc pas où prendre de tes nouvelles pendant cette pandémie. Ce confinement me parle de Témoignage, de salut, d humilité, de partage, de don de soi, de non procrastination car demain ne nous appartient pas.
    Si tu as encore mon numéro Whatsapp n hésite pas.
    Anicha (maman de Sofia de la crèche Les guerets).
    A très bientôt
    Tu peux ne pas afficher mon commentaire 😉

    1. Hello Anicha !!
      Je suis heureuse de te lire et d’avoir de tes nouvelles ! Merci, merci beaucoup d’avoir pris le temps de m’écrire 🙂 As-tu une adresse mail sur laquelle je peux t’écrire pour te donner mon nouveau numéro de téléphone stp ? J’espère te relire très vite ! Des bisous aux enfants !

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