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Entre parentalité et lectures afrodescendantes…

«Quand j’étais petit, ma mère m’a dit que le bonheur était le but de la vie. À l’école, quand on m’a demandé d’écrire ce que je voulais être plus tard, j’ai donc répondu: heureux. Ils m’ont dit que je n’avais pas compris la question; j’ai rétorqué qu’ils n’avaient pas compris la vie.» Citation attribuée à John Lenon

Cher.e.s Tou.te.s, 

Je suis heureuse de reprendre mon clavier pour vous parler. Il s’est en effet écoulé un peu plus d’un mois depuis ma dernière publication ici. Echanger avec vous m’a beaucoup manqué, mais ce « retrait » était nécessaire. J’ai traversé une période difficile durant les 3 derniers mois, et je pense que le mois qui s’est écoulé a été le plus compliqué. J’ai été en proie à de nombreux questionnements et à plusieurs reprises, j’ai cru que jamais je ne retrouverai la force, l’envie et la passion de m’asseoir, faire le vide et écrire ce billet. Que s’est-il donc passé ?

C’est simple. J’ai dû m’arrêter pour réfléchir (une fois de plus ?) à la trajectoire que je veux donner à mon travail sur ce blog. Vous savez, Les Billets de Sika sont nés de mon envie de donner vie à trois passions : écrire, lire et partager. En 2016, en me lançant, j’étais convaincue que je ne partagerai que mes avis de lectures afrodescendantes, offrant ainsi une vitrine, aussi petite soit-elle aux auteur.e.s afrodescendant.e.s dont les travaux d’écriture manquent malheureusement de visibilité.

Très vite pourtant, je me sentie étouffée par tout ça.

En choisissant cette « ligne éditoriale » j’étais frustrée de ne pas pouvoir partager ici le contenu de mes autres lectures. Je suis en effet une personne qui lit toutes sortes de livres et d’auteur.e.s qui ne sont pas forcément afrodescendant.e.s. En parler ici aurait été contraire à ma « ligne éditoriale ». En revanche, ne pas en parler me laissait un horrible goût d’inachevé…

Et il y a eu … la maternité.

Je savais qu’en devenant maman, beaucoup de choses allaient changer pour moi. Mais je ne m’attendais pas à prendre la claque que j’ai reçue, et dont la marque est toujours présente 3 ans après avoir donné la vie à mon fils. Cette maternité a tout bouleversé : émotions, certitudes, croyances, priorités et centres d’intérêt. Si je poursuis en disant que mes lectures ont évolué avec elle vous ne serez donc pas étonnés… Comme je vous l’écrivais dans cette série de trois articles, j’ai fait le choix d’un accompagnement bienveillant pour éduquer mon fils. Et croyez moi, pour y arriver, il ne suffit pas de le dire.

Il faut faire des recherches sur le sujet, lire pour comprendre « comment est fait un enfant », approcher les neurosciences cognitives, affectives et sociales, découvrir le fonctionnement du cerveau de l’enfant, s’intéresser aux violences éducatives ordinaires, lire Maria Montessori (pour comprendre l’essence de son invroyable travail), etc. Il faut également, en tant que parent, être prêt à se confronter à l’enfant qu’on a été, ne pas voir dans la relation parent-enfant une relation dominant-dominé, être disposé à prendre sur soi, être prompt au dialogue, ne pas avoir honte de demander pardon à son enfant, décider de ne pas fonctionner aux coups, aux menaces, au chantage et aux insultes, etc. Enfin, il faut être conscient que l’entourage verra d’un très mauvais oeil votre démarche, votre volonté de faire autrement, de bousculer les codes ! Il faut, pour ce cas précis, être prêt à tenir tête. Etre à la fois dans la pédagogie et la détermination. L’entourage ne connaît pas « tout ça ». Pour nos proches (parents, ami.e.s, et parfois conjoint.e), un enfant obéit et se tait. Quand il ne le fait, on le frappe ! (C’est un raccourci, mais globalement, c’est ça). Les dernières découvertes scientifiques sur le cerveau des enfants, l’empathie, la bienveillance et les neurosciences ? C’est du charabia pour eux ! Quand on est dans cette démarche où on considère l’enfant comme un être humain à part entière, un adulte en devenir et non un plus petit que soi, un faible sur lequel il faut à tout prix asseoir sa domination et son pouvoir, au risque qu’il nous domine, on attire au mieux des moqueries et de l’agacement, au pire, du jugement et de la défiance ! Les gens ne vont pas tenir compte du type d’éducation que vous voulez donner à votre enfant. Pour eux, ce qui compte c’est « on a toujours fait comme ça, on n’est pas mort… »

La relation que j’ai avec mon fils et les découvertes que je fais au cours de mes lectures ont fini de me convaincre que je n’ai pas pris une mauvaise décision !

J’aimerai tellement que d’autres parents s’arrêtent un instant pour chercher à comprendre « de quoi je parle » ! J’assiste, impuissante à des scènes qui me brisent le coeur. Il y a des relations parent-enfant qui me laissent sans mots… Je ne donne des conseils que si on m’en demande. La plupart du temps je me contente d’écouter, car je ne veux pas sermonner, et donner aux autres l’impression qu’ils font mal. Il n’y a pas de parents parfaits ! Toutefois, tous les parents désirent profondément vivre une relation apaisée, tendre et complice avec leurs enfants.

Si ce que l’on fait en matière d’éducation montre des limites (cris, colères, insultes, coups, stress, etc.), pourquoi ne pas faire autrement ?

Voici donc mon objectif : susciter une intention. Comment parler de bienveillance éducative ? Dois-je le faire sur mon blog ? Et les billets de lectures de livres afrodescendants ? Suis-je légitime pour parler de tout ça avec un enfant seulement âgé de 3 ans ? Est-ce que je réalise que je m’adresserai à des parents qui ont 3, 4 ou 6 enfants, et qui sont, pour la plupart, de beaucoup d’années mes aîné.e.s ? Suis-je vraiment prête à débattre avec eux ? Et la place des parcours personnels, des cultures, des religions, des spécifités familiales ? N’est-ce-pas un affront ? Après la politique, la religion et l’argent, l’éducation des enfants est sans doute le sujet qui cristalise le plus les passions. Je le comprends évidemment… Ces questions et beaucoup d’autres trottent dans ma tête à longueur de journée, au point de m’effrayer et me paralyser… Parfois j’ai peur des réponses, et ça se traduit par l’impossibilité d’écrire quoique ce soit ! Et pour moi, c’est une double peine ! Etre consciente qu’il faut partager ce que je sais et ce que je vis, et être incapable de le faire parce que j’ai peur d’être maladroite, d’être seule, de ne pas être comprise, de ne pas être lue…

Je suis convaincue de l’urgence qu’il y a à informer les parents sur les découvertes des neurosciences et celles qui concernent le fonctionnement du cerveau de l’enfant. Ces connaissances sont fondamentales pour l’éducation (familiale et sociététale) et la relation parent-enfant.

Voici donc les raisons de mon absence ici. Une longue réflexion sur ce que vont devenir Les Billets de Sika :

  • Un blog dédié à la parentalité ?
  • Un blog qui parle de parentalité et de littérature afrodescendante ?

The struggle is real guys ! – La lutte est réelle les gars !

Je suis perdue… Face à ces deux enjeux qui comptent vraiment pour moi, mon coeur balance, et j’ai littéralement le coccyx entre deux chaises ! Je ne sais pas, à l’heure où je vous écris ce billet, de quoi parleront mes prochains articles ici. Ce qui est sûr par contre, c’est que je ne veux plus être aussi absente à l’avenir. Alors ? Je vais me laisser porter par les mots, et au fil des mois, vous verrez vous-mêmes l’orientation que prendra le blog. Néanmoins, j’aimerai beaucoup savoir ce que tout ceci vous inspire. Laissez-moi un petit mot en commentaires s’il-vous-plait. Dîtes-moi si vous pensez que je dois choisir entre la parentalité et la littérature afrodescendante, ou si au contraire, je dois « faire les deux ».

Merci pour votre bienveillance.

Merci de lire ♡

Jessica.

2 thoughts on “Entre parentalité et lectures afrodescendantes…

  1. Chère Sika,

    J’ai lu ton billet et je n’aurai qu’un seul conseil / avis : que dis ton slogan ? Un peu de moi et d’émoi au fil des mois…
    La réponse sur la direction que devrait prendre ton blog, tu l’as au fond de toi.
    Ce blog, c’est un peu de toi : tu n’es pas uniquement intéressée par la littérature afro-descendante et tes goûts d’hier ou d’aujourd’hui peuvent également être appelés à évoluer « au fil des mois », s’enrichir même !
    Alors, je continuerai de te lire car je vais bientôt devenir mère et ta vision des choses contribuera à enrichir ma vision à moi sur la parentalité d’une part ; et d’autre part, j’ai toujours souhaité découvrir la littérature afro-descendante. Et qui sait, je lirai un article sur une autre thématique que tu me feras découvrir et j’y plongerai également par curiosité.
    Ecris sur ce qui t’anime ma chère Sika 🙂

    Affectueusement,

  2. J’aime surtout le passage où vous dites dit que « ça toujours été comme ça, on l’a toujours fait et on est pas morts ». Intéressant comme article, et sujets. Pour ma part je pense que vous devriez écrire sur les deux, car au départ nous sommes afro-descendants et ce serait très important pour nous de nous éduquer sur et comprendre l’afrocentrisme. Puis la parentalité et surtout en tant qu’africains a encore beaucoup d’échelons à gravir, je le reconnais moi même en tant que parent « Ah va là-bas ne m’énerve pas » 🤣. Je pense qu’il y’a un moyen d’allier les deux et d’en faire une belle petite décoction textuelle ating zam 😅

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