PARENTALITE, Ressources Parentales

Adoptez les 4 PAS pour que les écrans ne fassent plus écran à la maison !

« Coupé de toute communication, il déchiffre la langue des arbres. Libéré de la télévision, il découvre qu’une fenêtre est plus transparente qu’un écran. » Sylvain Tesson

Cher.e.s Tou.te.s,

Nous arrivons au terme de cette série d’articles consacrés aux dangers de l’utilisation excessive des écrans par les enfants. Dans ce premier billet, je vous ai fait mon témoignage. J’espère qu’en le (re)lisant, vous verrez que vous n’êtes pas les seul.le.s à faire face au problème des écrans. J’espère aussi que vous en retiendrez l’essentiel : on est toujours animé d’un bon sentiment et on se dit qu’on saura gérer, mais, malheureusement, même à petites doses, les conséquences peuvent être importantes.  Dans ce deuxième billet, je vous ai parlé de ce que m’a appris la lecture du livre de Sabine Duflo que je recommande vivement à tous les parents. Dans cet article, je vous ai dit pourquoi, introduits trop tôt ou consommés à fortes doses, les écrans sont neurotoxiques pour le cerveau des enfants en entraînant :

  • une diminution de l’attention
  • des difficultés de concentration
  • des difficultés de langage
  • des troubles d’ordre moteur
  • des troubles du comportement : apparition, puis augmentation de l’agressivité et de la violence
  • des troubles du sommeil : diminution de la qualité et de la quantité du sommeil
  • une perte du lien social privé et public : les écrans sont préférés aux temps d’échanges familiaux, amicaux, etc.
  • des troubles de l’alimentation : prise de poids et risque d’obésité à cause de la sédentarité

Maintenant que nous savons que la question des écrans concerne toutes les familles, et comment ils agissent de façon toxique sur le cerveau des enfants, nous allons parler des limites à poser. Comme vous le savez, en décidant d’aborder la question des écrans sur mon blog, mon objectif était d’alerter les familles, sans remettre en question les avantages liés à l’utilisation des objets connectés. Cependant,  je pense qu’il est urgent d’établir un cadre de référence pour une utilisation raisonnée des écrans en famille. Une étude Ipsos réalisée pour la chaîne de télévision pour enfants Gulli*, révèle qu’en France, il y a en moyenne 9,8 écrans de tous types par foyer ; et que 73% des enfants, tous âges confondus, ont au moins un écran personnel. C’est énorme ! En fait, je peux dire, sans craindre de me tromper, qu’aujourd’hui on trouve plus d’écrans que de personnes dans les foyers ! Avec une telle proportions, c’est difficile de “doser” correctement l’utilisation des écrans.

COMMENT ACCOMPAGNER L’UTILISATION DES ÉCRANS ?

A la fin de son livre, Sabine Duflo rappelle aux parents qu’ils ont la possibilité de reprendre la main et encadrer l’utilisation des écrans. En s’inspirant des recommandations de l’AAP (American Academy of Pediatrics – Académie Américaine de Pédiatrie), elle crée une méthode dont tous les parents peuvent s’inspirer.

Pour Sabine Duflo il était urgent de mettre au point un ensemble de recommandations que les parents adoptent réellement pendant que les enfants les appliquent facilement. Elle a mis au point 4 recommandations.

L’idée est de retenir 4 règles principales qui sont 4 moments clés de la vie de l’enfant et de la famille où l’écran est banni, afin de permettre aux enfants et aux parents de faire autre chose, et ainsi, rendre possible les échanges familiaux.

Il y a d’autres méthodes qui aident les parents à accompagner l’utilisation des écrans. Pour ma part, je recommande celle de Sabine car elle est très facile à appliquer. Les parents s’y retrouvent et les enfants la comprennent bien. Sa facilité de prise en main a d’ailleurs convaincu de nombreuses associations, crèches, pédiatres, et institutions concernées par la protection et l’épanouissement des enfants.

Avant de découvrir en détail cette méthode, n’oubliez pas que le meilleur exemple que l’on donne c’est le nôtre !

Il faut donc que les parents montrent l’exemple en levant la tête et en se déconnectant, eux aussi, de leurs exemples. En effet, si nous péchons le contraire de nos agissements, il n’y aura pas d’impact, il n’y aura pas de fruits !

La méthode des 4 PAS, pour que les écrans ne fassent plus écran !

Les 4 PAS sont à la fois 4 interdictions de regarder les écrans et 4 possibilités pour l’enfant d’acquérir des compétences.

  • PAS D’ÉCRANS LE MATIN
  • PAS D’ÉCRANS DURANT LES REPAS
  • PAS D’ÉCRANS AVANT DE S’ENDORMIR
  • PAS D’ÉCRANS DANS LA CHAMBRE DE L’ENFANT
Les 4 PAS de Sabine Duflo
PAS D’ÉCRANS LE MATIN :

Tous les écrans (télévision, jeux vidéo, smartphones, tablettes) sont des capteurs de l’attension, or l’attention est essentielle pour les apprentissages scolaires (et les apprentissages fondamentaux qui se développent normalement entre 0 et 3 ans). De plus, comme nous l’avons déjà vu, l’écran sur-stimule l’attention réflexe de l’enfant. L’enfant qui regarde un écran (peu importe lequel) le matin fatigue son système attentionnel avant d’arriver en classe. Et lorsqu’un enfant a une attention fatiguée, il bouge, parle, tourne en rond, perturbe les autre, perd ses affaires (un peu plus que ce qui est “admis” pour les enfants). Bref, il n’arrive pas à se concentrer tout seul. La sur-stimulation de l’attention réflexe de l’enfant va freiner son attention volontaire, essentielle pour le travail scolaire.  

PAS D’ÉCRANS DURANT LES REPAS :

Il est très fréquent que la télévision reste allumée durant les repas (souvent les adultes regardent les informations). Ce dont on ne se doute pas, c’est que le bruit et le défilement des images de la télévision empêche les échanges entre parents et enfants. D’un côté, l’enfant ne parle pas (parle moins) à ses parents, et de l’autre, les parents, concentrés sur ce que diffuse la télévision, parlent moins à leur enfant. Ils commentent l’actualité et omettent de profiter de se moment de famille pour savoir comment s’est déroulée la journée de l’enfant, ou simplement savoir comment il.elle se porte. Se référant aux études qu’elle a consultées, Sabine Duflo avance qu’ : “un enfant qui grandit avec une télévision allumée en permanence va acquérir un vocabulaire plus pauvre et un langage moins riche ; et,  chez les enfants âgés de 15 mois à 4 ans, 2 heures de télévision par jour aboutissent à multiplier par 3 la probabilité de voir apparaître des retard de développement du langage”. Il faut également lier à ça le fait que le contenu anxiogène et violent de certains programmes comme en le journal télévisé a des répercussions sur le comportement et la gestion des émotions de l’enfant. On se dit à tort que les enfants sont trop jeunes pour comprendre ce qui est diffusé. Il faut savoir que même s’ils ne regardent pas directement la télévision, semblent ne pas en comprendre le contenu, ou même si on leur explique ce dont il s’agit, ce qui se passe ne modifie pas leurs émotions. Il faut qu’ils aient un certain âge pour s’en accomoder et prendre de la hauteur. Il vaut mieux donc supprimer les écrans durant le temps du repas. Pour finir sur ce point, il ne faut pas oublier que de nos jours, nous passons la majeure partie de notre journée hors de la maison. Dans beaucoup de familles, en semaine, le moment du repas (souvent le soir) est le seul temps où parents et enfants peuvent partager du temps ensemble. Il vaut mieux donc en profiter et sanctuariser ces instants, au lieu de les gâcher avec le bruit de la télévision, celui des dessins animés qui “aide l’enfant à avaler ses repas.”

PAS D’ÉCRANS AVANT DE S’ENDORMIR :

Le sommeil se forme avec les dernières images perçues. Si un enfant regarde un écran avant de s’endormir, son sommeil sera de moins bonne qualité car l’image animée, même si son contenu est adaptée à  l’âge de l’enfant, n’est pas une activité calmante pour le cerveau de l’enfant. Elle le stimule trop émotionnellement. De plus, et là réside le principal problème, les écrans diffusent une lumière bleue appelée la lumière LED. Cette lumière bleue inhibe (empêche, diminue considérablement) la sécrétion de la mélatonine qui est l’hormone régulatrice du sommeil. Elle empêche l’enfant de s’endormir naturellement. En effet, la lumière bleue trompe le cerveau et lui faire croire qu’il fait encore jour, et la mélatonine n’est pas secretée normalement ou en quantité suffisante. Le risque avec ça, c’est créer des enfants insomniaques, des enfants fatigués et énervés la journée parce qu’ils se couchent tard, ou encore des enfants qui dorment mal parce qu’ils se réveillent fréquemment la nuit.

PAS D’ÉCRANS DANS LA CHAMBRE DE L’ENFANT :

Beaucoup de parents pensent qu’il faut équiper la chambre de l’enfant d’un écran, peu importe lequel. Ceux qui le font assimilent l’écran à une récompense, mais ce n’est pas une bonne chose. La présence d’un écran dans la chambre de l’enfant diminue considérablement son temps de sommeil et la qualité de son sommeil. En outre, les parents de ces enfants n’ont pas la possibilité de contrôler ce que leurs enfants regardent, et à quelle fréquence ils le font. Même s’il leur interdisent verbalement de regarder des contenus inadaptés, ou d’utiliser ledit écrans en permanence, ils confèrent à l’enfant une trop grande responsabilité. Or jusqu’à un certain âge, les enfants ne peuvent pas s’autoréguler. Cela signifie qu’en principe, on ne doit pas attendre d’eux qu’ils se comportent en adultes, et qu’ils décident d’eux-mêmes de ne pas regarder tel programme parce qu’il est inadapté à leur âge, ou parce qu’ils le regardent depuis un long moment. Sans écrans dans sa chambre, l’enfant apprend à développer des compétences essentielles à son développement, sa pensée, son attention et sa socialisation.

Vous pouvez télécharger ce fichier pour imprimer et afficher la méthode des 4 PAS chez vous !

Si vous constatez que malgré votre implication totale, votre enfant ou votre adolescent n’arrive pas à prendre en main la méthode des 4 PAS, je vous conseille de retirer les écrans des pièces de la maison ! Il ne faut pas hésiter une seule seconde ! Nous savons maintenant que les conduites des enfants sont parfois addictives. Comment soigne-t-on les addictions ? En procédant à un sevrage ! Quand une personne est accro aux drogues et à l’alcool que fait-on ? On lui laisse des bouteilles d’alcool, de la drogue et des médicaments à portée de main et à vue d’oeil ? Vous connaissez la réponse. Quand c’est nécessaire, il faut débrancher la télévision et la sortir du salon. Il faut cacher les tablettes et les consoles, ou au moins les câbles qui permettent de les mettre en marche ! Eh oui, aux grands maux, les grands remèdes !  

Et chez nous ? Sans la nommer ainsi, à la maison, nous appliquions déjà certaines recommandations de la méthode des 4 PAS. Je m’explique. Nous n’avons jamais proposé au P’tit Coeur de regarder un écran dès le réveil ou avant d’aller à la crèche (Pas d’écrans le matin). Il n’y a pas d’écrans dans sa chambre, et ce n’est pas prêt d’arriver (Pas d’écrans dans la chambre de l’enfant). Pour le coucher, quand il en regardait, on veillait toujours à ce qu’il ne regarde pas de dessins animés dans les 2 heures qui précèdent l’heure de dormir (Pas d’écrans avant de s’endormir). Pour ce point, je dois reconnaître que c’était variable d’un jour à l’autre et difficile à appliquer pour les raisons évoquées dans les autres billets (10 minutes qui deviennent 30 minutes qui deviennent ensuite 1 heure, etc.). On a fini par supprimer les dessins animés le soir (on les a définitivement supprimés ; on attend de les réintroduire raisonnablement quand il aura grandi). La recommandation que nous avons ajoutée à nos règles concerne les repas. Comme beaucoup de personnes, nous avions tendance à regarder les informations le soir sans nous douter que notre fils les regardait indirectement. Aujourd’hui tout ça est derrière nous et on s’en est bien accomodé !

Comme vous le voyez la méthode des 4 pas et facile à retenir facile à prendre en main, à expliquer aux enfants et à appliquer à la maison. Pour le sautres moments de la journée et selon l’âge des enfants, il faut trouver son rythme et garder à l’esprit les points essentiels suivants :

  • Montrer l’exemple, en tant que parents : car nous sommes les premiers modèles de nos enfants. Les enfants font ce que nous faisons.
  • Dire non et expliquer pourquoi : car interdire ou limiter l’utilisation des écrans c’est protéger son enfant ! Dire non sans expliquer pourquoi entraînera des conflits. Le fait de fournir à l’enfant des explications l’aidera à comprendre le sens de l’interdit. Dans le même sens, expliquer sans interdire ne suffit pas. A ce propos, Sabine Duflo donne un bon exemple : si un enfant s’apprête à traverser la route sans regarder de part et d’autre que fait-on ? On le retient pour le protéger et on lui explique par la suite pourquoi on l’a retenu. Il faut faire la même chose avec les écrans.
  • Respecter la signalétique “- 3” ; “- 6” ; “- 10” ; “- 12” ; “- 16” ; “- 18”. Cette signalétique protège l’enfant de contenus inadaptés. Il faut essayer de se renseigner ou de visionner soi-même le programme avant de l’autoriser à l’enfant, car tout peut arriver. L’absence de signalétique ne signifie pas forcément que le contenu est adapté à tous. De plus, la France est l’un des pays européens avec la signalétique la moins restrictives ! Vous rappelez-vous du scandal qui a entouré la sortie du film Sausage Party en France ? Beaucoup de parents ont été choqués et piégés dans les cinémas en allant voir le film en famille. En effet, ce qui avait l’air d’un dessin animé bon enfant était en réalité un contenu violent, à caractère pornographique ! Imaginez le malaise ! Pour infos, ce film était interdit aux mineurs aux Etats-Unis, alors qu’en France il était déconseillé aux moins de 12 ans…
  • Mettre en place une gestion raisonnée de l’utilisation des écrans : pour les enfants de 0 à 14 ans avec la méthode des 4 PAS par exemple. A partir de 15 ans, continuer à surveiller ce que font les enfants : privilégier un ordinateur familial installé au salon, mettre des mots de passe ou installer des logiciels de contrôle parental pour tous les objets connectés afin de filter les sites illégaux et violents (drogue, racisme, pédophilie, pornographie, sectes, sites de téléchargement illégal de musique et vidéo, sites de jeux en ligne, etc.), et pour en limiter l’usage.

Voilà qui nous conduit à la fin de ce billet et de cette série consacrée à l’utilisation des écrans en famille. J’espère que mes écrits vous aideront à trouver votre équilibre !

Merci de le lire <3

Jessica.

2 thoughts on “Adoptez les 4 PAS pour que les écrans ne fassent plus écran à la maison !

    1. Merci beaucoup Nanda ! Ce n’est pas facile d’être parent.e, mais on assure 🙂 A bientôt 🙂

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