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Douce France, il y a 11 ans je t’embrassais (1)

“C’est pas des pieds que nous avons, nous autres, c’est des racines, et il est pas certain qu’un de ma lignée puisse vivre ailleurs que sur cette terre” Carole Martinez, Du domaines des murmures (2011)

Chers Tous,

Seriez-vous capable de vous souvenir ce que vous faisiez à cette date il y a 1 an, 5 ans ou 10 ans ? L’exercice est difficile mais pour certains “anniversaires” le jeu en vaut la peine croyez-moi.

En planifiant ma semaine je me suis rendue compte qu’un évènement important est survenu dans ma vie il y a 11 ans aujourd’hui ! Sans que je ne fasse un effort monumental, je me suis retrouvée à revivre les jours qui ont précédé mon arrivée en France, ainsi que ce 8 octobre 2007 où pour la première fois, mes pieds foulaient le sol français, lorsque je descendais de l’avion qui venait d’attérir à l’aéroport international Roissy Charles de Gaulle. Le cerveau humain est extraordinaire !

Bord de mer de Libreville (Gabon) / Crédit : Instagram gabonlust – @_okias_photography_

Dans mes oreilles, la chanson Ta Bienveillance, du groupe chrétien Exo résonnait. Je l’ai réécoutée ce matin au réveil, et j’ai ressenti, comme chaque année à la même date, les mêmes émotions, ponctuées par mes attentes de l’époque. Je me rappelle toutes mes premières impressions en arrivant et en traversant le tunnel qui menait aux couloirs de l’immigration pour le contrôle des passeports. C’était mon premier vol international. Je ne voulais pas avoir l’air bête ou perdue face à ces gens qui avaient l’air de savoir où ils allaient. Je les suivais donc et décidais de me fondre dans la masse en relevant la tête et en ayant les épaules bien droites ! Derrière l’apparente quiétude que j’affichais se cachait une jeune fille apeurée, inquiète, émue d’être là et excitée à l’idée de commencer une nouvelle vie.  Oui, je me revois  11 ans plutôt au Gabon, préparant le premier grand voyage de ma vie, parée d’un mélange douteux de sentiments contradictoires.

A seulement 18 ans, je quittais les jupons de ma famille pour commencer une nouvelle vie en France, avec le statut d’étudiante internationale.

Le 7 juillet 2007 j’obtenais mon baccalauréat au 1er tour (d’office, comme on dit courament au Gabon). Durant toute l’année de Terminale j’ai travaillé jusqu’à l’épuisement pour être la meilleure élève de ma classe, et figurer parmi les meilleurs élèves des Terminales. J’ai atteint mon objectif et mes efforts ont payé puisqu’en fin d’année (et à chaque trimestre), j’étais la major de ma promotion ! Pourtant, malgré ces excellents résultats, il y avait une ombre au tableau : quelles études allais-je faire après mon bac ?

Pour ceux qui ne le savent pas, faire des études supérieures au Gabon est très hypothétique. Il n’y a aucune volonté politique qui promeut les parcours universitaires et la formation initiale. A Libreville, la capitale, il n’y a qu’une seule université publique dans laquelle les étudiants et les professeurs font grève 8 à 9 mois sur 12 chaque année. Les autres universités nationales se comptent sur les doigts des deux mains et partout c’est le même scénario catastrophique. Je vous parlerai en détails de ce problème dans un autre billet.

Comme je vous le disais donc, il y avait une ombre au tableau de mon année de Terminale : quelles études allais-je faire après le bac, et surtout dans quel pays ? Rester au Gabon n’était pas une option pour moi à cause des lacunes et des injustices du système de l’enseignement supérieur. Je méritais de “sortir” : j’avais toujours été une bonne élève et je savais que de bons résultats m’aideraient à obtenir une bourse pour aller étudier à l’étranger. Je m’accrochais à cette possibilité en caressant chaque jour ce rêve fragile. En effet, j’avais peur que ça ne marche pas. Pour beaucoup d’autres bons élèves, chaque année ça ne marchait pas. Comme par enchantement ils n’étaient plus éligibles aux bourses malgré l’excellence de leurs résultats académiques. Dans ces moments, on assistait ébahis à un spectacle honteux et désolant : de très mauvais élèves recevaient des bourses (en réalité, les bourses qu’on n’accordait pas aux élèves méritants), grâce au népotisme, à leur statut social privilégié ou grâce au carnet d’adresse et au réseau riche de leurs parents. Je rentrais clairement dans la case à risque. Je suis issue d’une famille modeste, je ne porte pas « un grand nom » et mes parents n’avaient pas le réseau qui aurait aidé à réparer l’injustice si elle était arrivée, mais j’étais une très bonne élève… Ah le Gabon ! J’avais donc deux cartes à jouer : mettre toutes les chances de mon côté en travaillant d’arrache pied, et prier le bon Dieu pour qu’on m’accorde la bourse. 
J’avais remplis la plus grande part du contrat pendant 7 ans (de la 6ème en Tle). Il ne me restait plus qu’à cocher deux autres cases et l’international s’ouvrait à moi : avoir une inscription à l’étranger et obtenir le visa étudiant de mon futur pays d’accueil.

Quand j’étais enfant je voulais devenir institutrice (professeur des écoles)  quand je serai grande. Après avoir été découragée par mon entourage j’ai renoncé à ce premier rêve. Dès la classe de seconde je n’arrivais pas à me décider, mais je voulais travailler dans la communication, le journalisme ou la psychologie. En Terminale cette envie n’avait pas changé, et je décidais de marquer ces trois choix dans les fiches de voeux qu’on nous demandait de remplir pour les nombreux programmes de bourses qu’on nous présentait. Quand est venu le moment de trouver une école ou une université, je cherchais les meilleurs écoles de communication, de journalisme et de psychologie en Europe et en Amérique du Nord. Mais je n’ai pas donné suite à mes envies car les personnes à qui je me confiais me déconseillaient fermement de suivre l’une ou l’autre de ces voies : membres de ma famille, professeurs, conseillers d’orientation, etc. Pour eux, la voie royale, pour une fille intelligente, travailleuse et douée comme moi était la faculté de droit ! 

Coucher de soleil au Gabon / Crédit : Instagram gabonlust – @bahaaelbitar
Tout le monde, je dis bien tout le monde me disait d’étudier le droit, parce que “ça paie bien”. L’argument de la rémunération, des débouchées professionnelles et du confort de vie assuré après de telles études revenait tellement que très vite, j’ai une fois de plus oublié mes rêves pour me conformer à ce qu’on attendait de moi.

Je ne savais pas comment répondre à ces adultes bien-pensants pour leur dire que le droit ne me parlait pas du tout. A cette époque je n’avais pas les armes que j’ai aujourd’hui pour répondre, résister et faire entendre ma voix. J’ai arrêté de réfléchir et je me suis convaincue que j’étais faite pour étudier le droit. J’ai alors fait des recherches  et je me suis aperçue que le droit regroupe plusieurs domaines et différentes professions, parmi lesquelles le notariat. C’est la branche du droit qui m’a plu, alors qu’elle a la réputation de ne pas faire fanstamer les étudiants et les praticiens du droit. Je pense que ce qui m’a attirée dans les descriptions du métier de notaire, ce sont les aptitudes d’écoute, de conseil, et de rigueur méthodologique. J’ai également découvert à ce moment que le métier de notaire n’est exercé (en tout cas en majorité) que dans les pays de droit romano-civiliste. En d’autres termes, je devais renoncer à l’envie d’aller me former dans un pays anglophone, au risque de ne pas pouvoir trouver du travail au Gabon en tant que notaire, à la fin de mes études. En effet, les régles de droit au Gabon sont différentes des pratiques qui encadrent le droit dans les pays anglo-saxons. Le pays occidental qui m’offrait la garantie d’une formation de qualité en droit, la reconnaissance de mon diplôme de notaire au Gabon et l’assurance d’un emploi à la sortie était la France. Le droit gabonais et le droit français se ressemblent beaucoup, beaucoup, beaucoup ! C’est un peu la politique de l’oeuf et la poule…

J’allais donc étudier le notariat en France. J’ai commencé à chercher une inscription pour une université française, et je rédigeais mes lettres de motivation en mentionnant le fait que je voulais préparer une licence en droit en vue de me spécialiser en droit notarial par la suite. Autour de moi, tout le monde était content et confiant : parents, membres de la famille, professeurs, conseillers d’orientation, personnels administratifs de mon lycée et ami.es. Le notariat est une filière royale, et être notaire est un métier noble. J’allais réussir dans cette voie, et pour tous, l’étude notariale que j’ouvrirai en rentrant au Gabon serait florissante. J’avais montré, tout au long de mon parcours scolaire sans faute que j’étais travailleuse, intelligente et déterminée. Toujours classée parmi les meilleurs élèves, sage et réfléchie, rien n’allait entraver mon parcours universitaire, même pas la fac de droit réputée dure et intraitable. Quand les résultats du bac sont sortis, mon inscription pour la faculté de droit de l’université de Grenoble et mon attestion de bourse de l’Etat Gabonais en poche, je commençais les formalités de demande de visa étudiant auprès du Consulat de France au Gabon.

Et là, j’ai commencé à déchanter. La France, ce pays lointain que je ne connaissais qu’à travers les livres, la télévision et ce qui s’en disait dans la rue, les commerces et les maisons, me paraissait déjà bien innacessible. J’ai littéralement galéré pour obtenir mon visa étudiant, alors que mon dossier était complet et irréprochable. 

Sans aucune explication au début, mon passeport a été gardé un mois et demi entier dans les locaux du Consulat de France, m’obligeant à faire de nombreux allers-retours quotidiens entre le domicile de ma tante qui m’hébergeait à Libreville et l’adresse consulaire. J’étais découragée et vraiment triste. Jamais je n’avais imaginé que les choses prennent cette tournure. Plusieurs semaines avant, en août, j’avais quitté Port-Gentil, ma ville natale, disant au revoir à mes repères, à toute ma famille et à tout ce que j’avais connu depuis ma naissance. Mon départ pour Paris était prévu 5 jours plus tard, mais je n’ai quitté le Gabon que deux mois après !

Le vendredi qui a précédé mon voyage je me suis levée avec dans ma tête une chanson, une louange à vrai dire : “Ce que Dieu fait, est inimaginable, ce que Dieu fait personne ne peut le réaliser !”. Ce matin là, je chantais à tue-tête comme-ci dans la nuit on m’avait révélé en songe que ma louange allait décanter la situation. Alors j’ai chanté fort et sans m’arrêter. Je chantais et je priais sans m’arrêter. Dans l’après-midi, à 14h30, j’avais un énième rdv au Consulat pour savoir si le visa étudiant m’était enfin accordé ou refusé. En quittant le domicile de ma tante, je priais, non plus dans mon coeur mais à haute voix, en marchant et en ne me souciant pas du regard que les gens posaient sur moi. Quand j’y repense je rigole ! Je priais fort, en marchant, disant et redisant à Dieu les mêmes mots, les mêmes phrases, comme un enfant qui apprend sa poésie et la repète encore et encore, pour être sûr de ne pas l’oublier. A midi je décidais d’aller me recueillir à l’Eglise où se tenait la réunion de prière habituelle du vendredi. Mon autre tante, la petite soeur de ma mère était avec moi. Durant cette période difficile elle a été d’un soutien sans nom ! Si tu passes ici, Tantie M., merci pour tout, une fois de plus ! A 14h précises devant le Consulat de France, nous attendions. Dans ma tête tout se mélangeait : “et si je m’étais trompée de pays ? Pourquoi les choses sont si compliquées ? Est-ce-que je mérite vraiment de partir en France ? Et si je commençais à chercher une insciption ailleurs : Canada, USA, Afrique du Sud ou Maroc ? Et si…, Et si…, Et si…?”

Je ne savais plus où j’en étais et je me suis mise à pleurer devant les autres personnes qui avaient également rendez-vous. Pendant que ma tante me consolait, le vigile m’a invitée à entrer dans le Consulat. Malgré la climatisation qui me donnait froid, je transpirais à grosses gouttes, et j’essayais de cacher la peur et la tristesse qui se lisaient pourtant facilement sur mon visage. Après avoir attendu 3 minutes qui en paraissaient 30, j’entendais appeler mon nom. Au guichet auquel je me rendais en affichant une mine de désespérée-résignée, l’agent consulaire m’a remis mon passeport en me disant : “Félicitations et bon courage pour tes études. N’oublie de faire ta demande de carte de séjour en arrivant”. Je n’en revenais tellement pas que je lui ai demandé : “J’ai le visa ?” Elle a rigolé et m’a dit “Oui ! Je suis désolée mais mon collègue qui vous avait reçu lors du 1er rdv était en congé maladie et avait apporté certains dossiers chez lui. Normalement on n’a pas le droit de faire ça… C’est pour cette raison qu’on ne pouvait pas vous remettre votre passeport. Mais c’est réglé à présent. Bonne chance !” J’ai pris le passeport et je l’ai rangé dans mon sac, sans prendre la peine de l’ouvrir et de regarder à quoi ressemblait le fameux visa. Une fois dehors, ma tante m’attendait et je ne sais pas pourquoi, alors que je continuais de pleurer, elle a compris que cette fois, je laissais couler des larmes de joie ! Elle m’a dit : “Bravo fi-fille, maintenant on va modifier ta réservation de vol, tu pars ce soir, demain ou dimanche. Tu es déjà trop en retard !” Je me suis effondrée dans les bras de ma tante et jusqu’au moment de monter dans l’avion deux jours plus tard, c’est-à-dire le dimanche 7 octobre 2007, je n’arrêtais pas de pleurer.

Le lundi 8 octobre 2007, après sept longues heures de vol j’embrassais pour la première fois de ma vie le sol français, la culture française et les Français. Et vous savez quoi ? Depuis 11 ans que j’habite ce pays, il y a une chose qui n’a pas changé : je pleure toujours autant !

La France m’a donné de multiples occasions de rires et de pleurer. J’ai pleuré en arrivant à Paris. J’ai pleuré en vivant ma première année à Grenoble. Mon Dieu, quelle première année difficile ! J’ai pleuré ensuite durant toute ma deuxième année à Caen où je suis tombée très gravement malade. Par la suite j’ai pleuré à cause de la façon dont les gens me regardaient, me répondaient et me traitaient. J’ai pleuré toutes les fois où dans ce pays, TOUT m’a rappelé que je suis Noire avant d’être moi. Ah la France ! Mais en 11 ans de vie ici, j’ai heureusement, également eu, de multiples occasions de rire. Oui, j’ai ma précieuse petite collection de victoires, petites et grandes, et de grands sourires !

Il y a donc 11 ans aujourd’hui je quittais le Gabon, mon Gabon, pour la France, ma France. Le 8 octobre est une date importante pour moi car elle représente un nouveau départ, mon nouveau départ, ma nouvelle vie.

Dans le prochain billet, je vous dirai quel est le bilan que je fais de cette décenie de vie passée sur le territoire français. Qu’est-ce-que je retiens de ces onze années ? Qu’est-ce-que je souhaite garder de cette expérience et surtout, qu’est-ce-que j’aimerai changer ?

J’aimerai beaucoup savoir ce que vous inspirent mes mots. Dites-le moi en commentaires ! Si vous aussi vous vivez ou avez vécu une expérience d’expatriation ou d’immigration sur une courte ou une longue période, n’hésitez pas à me faire un retour ! Je vous lirai avec beaucoup de plaisir 😊

Merci de me lire <3

Jessica.

11 thoughts on “Douce France, il y a 11 ans je t’embrassais (1)

  1. Coucou la fille!
    Eh oui, les années passent vite… Mais le plus beau dans tout ça c’est le souvenir qu’on garde, et surtout les leçons qu’on en tire et qui nous forgent pour la suite.

  2. Je me suis toujours demandée ce que ça fait de vivre dans la peau de quelqu’un d’autre et tu viens de me confirmer ce que je sais depuis toujours ; nous sommes tous les mêmes! Nous avons une destination commune. Nous expérimentons les mêmes doutes, les mêmes pensées « bêtes »… La seule différence ce sont les gens qui ne sont pas les mêmes au moment où tout doit se décider. Merci pour ton billet G6K

  3. Hello Jess ! Je ne te l’ai peut-être jamais dit mais je « kiffe » ton style de rédaction sista ! So proud of you ! J’ai aimé lire cet article que je ne manquerai d’ailleurs pas de partager car tes écrits méritent d’être lus😊. Je m’excuse de ne pas toujours être une lectrice régulière… le temps ayant quelques fois eu raison de moi… Mais sois-en rassurée je te lis toutes les fois que je peux bien que gardant le silence, surtout tes billets dédiés au petit trésor ! Courage à toi belle plume et continue de croire en toi… J’attends la suite du coup…😊

    1. Oh ! Tes mots me font chaud au coeur sista ! Merci 1000 fois pour ton retour ! C’est un bonheur de le lire ! 💜

  4. Bocoup de sensibilité, et comme on nous rabachait avec Roland Barthe :
    Le style cest l’homme. La en te lisant j’ai senti ton style autant dans l’ecrit ure, que dans tous les autres aspects liés a l’analyse textuelle.
    Tu finiras un jour par decoller et nous produire une fiction a la Alain mabanckou.
    Felicitation ma copine

    1. Oh merci ma copine ! Merci ma soeur ! Que de jolis mots ! Je les garde précieusement pour toujours m’améliorer et aller de l’avant ! Merci beaucoup pour ce soutien 💜

  5. Cc ma petite soeur Jess,

    Enfin, enfin, enfin j’ai pris du temps pour lire tes écrits. Je pense qu’il me faut du temps. Assise dans le bus écoutant l’oratoire que je verrai à la conférence, j’ai pu trouvé un temps pour lire tes très très belles écrits.

    Il y a onze ans, eh ou onze ans ma soeur. Le temps passe tellement vite en nous laissant des bons et des mauvais souvenirs. C’est ce que le temps laisse comme empreinte en nous qui nous forge et nous rend fort. Comme toi, j’ai aussi mes onze ans sur cette terre vers laquelle nous nous somme lancé, toute jeune vers l’inconnu dans le but de se former.

    Merci pour cette lettre qui a éveillé des sentiments en moi. Merci car te lire est un plaisir même si je ne trouve jamais assez de temps pour lire tous tes billets.

    Saches que c’est juste magnifique tes écris.

    J’attends la suite avec impatience ma cherie!!!!

    1. Non seulement tu as pris le temps de tout lire, mais tu as également pris la peine de me laisser un commentaire de plusieurs paragraphes ! Merci ma soeur💜❤💜 Toi qui me soutiens, malgré le fait que lire soit ta torture ^^ Merci pour tout !! 💜

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